À Dijon, des fouilles archéologiques conduites par l’Inrap dans le cadre de la restructuration du groupe scolaire Joséphine-Baker ont récemment révélé treize sépultures gauloises en position assise. Datées entre 300 et 200 avant J.-C., elles apportent apporte un éclairage inédit sur les rites du second âge du Fer.
Des sépultures gauloises inédites à Dijon
Menée en amont des travaux rue Turgot, cette opération d’archéologie préventive a permis de mettre au jour 13 sépultures datant du second âge du Fer.
Les archéologues ont identifié une particularité rare : les défunts, tous des hommes adultes, ont été inhumés en position assise, au fond de fosses circulaires d’environ un mètre de diamètre.
Ces tombes sont disposées selon un alignement régulier sur près de 25 mètres, témoignant d’une organisation précise de l’espace funéraire.
Une pratique funéraire encore mal comprise
Les observations montrent un protocole identique pour chaque sépulture :
- dos appuyé contre la paroi
- regard orienté vers l’ouest
- jambes fortement fléchies
- bras le long du corps
Aucun mobilier funéraire n’a été retrouvé, sauf un brassard en roche noire daté entre 300 et 200 av. J.-C. Les archéologues ont aussi relevé des traces de blessures sur certains ossements. À ce stade, leur origine reste inconnue.
Ces éléments suggèrent des pratiques réservées à un groupe particulier. Il pourrait s’agir d’une élite, de fonctions religieuses ou d’un statut spécifique. Des analyses anthropologiques sont en cours pour affiner ces hypothèses.
Des découvertes qui se poursuivent
Une nouvelle phase de fouilles engagée en 2026 a permis d’identifier de nouveaux individus. Elle confirme l’importance du site.
À proximité, les archéologues ont également découvert des dépôts d’animaux : chiens, moutons et porcs. Ce type de pratique apparaît sur d’autres sites gaulois. Il est souvent lié à des espaces rituels.
Ces résultats complètent les découvertes réalisées dans les années 1990 dans le quartier Sainte-Anne. Deux sépultures assises et une zone d’ensevelissement d’animaux y avaient déjà été identifiées.
Un site majeur pour comprendre la période gauloise
L’ensemble des données s’inscrit dans un programme de recherche consacré à la période gauloise en Bourgogne. Ces sépultures permettent :
- d’enrichir la connaissance des pratiques funéraires de l’âge du Fer
- de mieux comprendre l’organisation des espaces rituels
- d’affiner la chronologie du secteur dijonnais
L’importance de l’archéologie préventive
Ces résultats illustrent le rôle essentiel de l’archéologie préventive. Elle permet d’étudier, de documenter et de préserver les vestiges avant les projets d’aménagement. Grâce à ces opérations, Dijon enrichit encore son patrimoine archéologique et contribue à une meilleure compréhension de l’histoire des sociétés gauloises.