Tribune politique du groupe des écologistes et citoyen-e-s

Groupe des écologistes et citoyen-e-s
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Avril 2021

Depuis un an, une grande partie du monde de la culture est à l’arrêt. C’est un véritable naufrage qui crée de la précarité, parfois du désespoir, pour les artistes, les techniciens et techniciennes du spectacle. Mais la culture nous concerne toutes et tous : nous ne pouvons vivre sans interaction, sans beauté, sans rire, sans épanouissement. Nous ne pouvons pas vivre sans la culture sous toutes ses formes. La culture est un besoin essentiel, pilier de notre humanité. C’est également une économie de proximité qui crée du lien et fait vivre nos territoires. Alors, si le monde de la culture meurt à petit feu, c’est toute notre capacité à imaginer et à créer le monde de demain qui s’éteint. Si nous nous réjouissons que les librairies et les disquaires soient enfin considérés comme essentiels, il n’en est pas de même pour le cinéma, le spectacle vivant, les théâtres, les musées, l’enseignement et la pratique amateure artistique.

A ce jour, aucune perspective réaliste et programmée de reprise des activités n’est envisagée. Parce que cette privation d’expression culturelle ne peut plus durer, et pour le retour d’une culture vivante, un vaste mouvement d’occupation des lieux de culture se développe partout en France, notamment à Dijon avec l’occupation du Grand Théâtre. Face à cette précarité grandissante, le gouvernement doit réagir et prendre ses responsabilités. Au-delà de la mise en place immédiate d’un échéancier de la reprise d’activité, des mesures d’urgence telles que la création de dispositifs de soutien aux auteur·trices et aux travailleur.euses précaires de la culture et la prolongation de l’année blanche pour les intermittent·es doivent être adoptées. La crise sanitaire ne doit pas nous réduire à produire et à consommer. Au contraire, dans une période où nous n’arrivons pas à nous projeter dans l’avenir , l’accès à la culture sous toutes ses formes est un levier majeur pour équilibrer notre quotidien. La culture contribue à redonner de l’espoir, à donner du sens à nos vies et participe à la cohésion sociale.

Mars 2021

La crise sanitaire accentue la précarité des populations déjà fragiles et touche particulièrement les jeunes. La pandémie assombrit un horizon déjà fortement ébranlé par la crise climatique et notre modèle économique. Les signes de détresse au quotidien se multiplient : isolement social, manque d’argent pour vivre décemment, dépression et anxiété, décrochage scolaire, perte de jobs étudiants qui permettaient de payer les loyers et les frais de scolarité, problème d’accès à une alimentation saine et équilibrée… Nous refusons que cette génération soit sacrifiée sur l’autel d’un modèle économique qui a mis à mal entre autre le système de santé publique depuis des années et accentué les inégalités au profit de quelques uns. Garantissons à la jeunesse autonomie et dignité.

Les 150 € en décembre et les repas à 1 € sont des mesures nécessaires mais insuffisantes, de même le prêt à 10.000 € qui profite plus aux banques qu’à l’émancipation des jeunes. Il faut leur assurer des moyens de subsistance avec un revenu universel, à commencer par un RSA pour les moins de 25 ans. C’est un filet de sécurité qui permet d’envisager sereinement l’avenir sans avoir recours à des jobs qui rendent difficiles les conditions d’études. D’autres mesures peuvent rapidement être mises en place sur des questions majeures comme l’accès au logement avec la réquisition de bureaux vides pour en faire des logements étudiants et l’instauration d’un moratoire sur les loyers pour annuler leurs dettes. De même l’Université doit avoir les moyens humains et financiers nécessaires à la reprise en présentiel des cours. Ce n’est pas le cas pour le moment, entre les effets d’annonce du gouvernement et la réalité sur les campus universitaires, il y a un delta !

Pour Dijon métropole, nous réaffirmons notre proposition sur la gratuité des transports pour les étudiants, plus que jamais pertinente. Investir concrètement pour la jeunesse, c’est offrir l’espoir d’une vie meilleure à toute la société.

Février 2021

Après plusieurs années de mobilisation des associations de défense animale, l’interdiction des cirques avec animaux sauvages prises par 415 communes, dont Dijon à l’initiative des élu-es écologistes, la Ministre de la Transition Écologique a annoncé des mesures sur le bien-être animal, notamment en faveur des animaux sauvages en captivité.

Ces mesures vont dans le bon sens mais restent encore floues pour certaines. Si l’interdiction des fermes de vison dans les 5 ans à venir a le mérite d’être clair et ce malgré le retard de la France par rapport aux autres pays européens, l’absence de calendrier pour l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques itinérants suscitent plus de doutes. Dans ces conditions et conformément à l’engagement de Dijon en faveur de la protection des animaux sauvages, nous serons particulièrement attentifs à ce que les mesures proposées par les élu-es écologistes et adoptées par le conseil municipal en juin 2019 soient appliquées : arrêt immédiat de l’accueil des cirques avec animaux sauvages, promotion des « ecocirques », accompagnement des acteurs du cirque vers d’autres pratiques que le recours des animaux à des fins de divertissement… Nous attendons évidemment des actes forts et cohérents avec l’affichage de Dijon en faveur de la condition animale.

Le chantier est vaste. Il dépasse bien largement l’enjeu des cirques à commencer par les animaux qui vivent avec nous dans la ville comme les chats, les chiens, les pigeons, les hérissons et les écureuils …

Janvier 2021

Le gouvernement a attribué des fréquences 5G sans attendre les résultats d’une étude d’impact environnementale et sanitaire.
Le déploiement précipité de cette technologie pose la question du coût écologique et énergétique, de l’égalité des territoires face à la fracture numérique, de la protection des données personnelles et donc des libertés fondamentales et du débat citoyen.

Contrairement aux affirmations du Maire qui caricature l’approche prudente des écologistes, la 5 G est un enjeu non pas technique mais politique et démocratique.
Alors que le gouvernement refuse la proposition de la Convention Citoyenne pour le Climat d’appliquer un moratoire sur la 5G et d’organiser un débat démocratique sur le sujet, notre groupe espérait plus d’ambition au niveau local. Nous avons donc proposé un voeu au Conseil Municipal du 16 novembre reprenant la proposition du moratoire.

Au vu de son contenu « collecte et captation des données personnelles, gaspillage énergétique, épuisement des ressources non renouvelables, production de déchets non recyclables et obsolescence programmée», notre démarche dans une ville où l’ ambition écologique s’affiche fortement , aurait dû être entendue.
Or, à défaut d’un débat de qualité, le Maire nous a opposé une fin de non-recevoir !

Ceci traduit deux visions de la société : celle reposant sur la quasi croyance «du tout technologique» comme vecteur de progrès et promesse d’avenir, à l’opposé de celle que nous proposons, qui s’appuie sur la prévention des risques, de la santé, de la protection des données et de l’environnement. Car l’impact environnemental du déploiement de la 5G est réel, et va augmenter significativement l’empreinte carbone du secteur du numérique.

Face à l’urgence climatique, il est temps de stopper la fuite en avant du « tout technologie » en questionnant ses usages et ses finalités en regard du projet de société écologique et démocratique que nous portons.

Décembre 2020

La gravité de la crise sanitaire qui bouleverse nos vies est l’expression d’une crise écologique globale qui nécessite une réponse tout aussi globale : solidaire, écologique et citoyenne. Solidaire tout d’abord.

La mise à l’arrêt de nombreuses activités entraîne une crise économique et sociale sans précédent touchant les plus fragiles et les plus jeunes, provoquant l’augmentation des personnes sans emploi et aggravant la pauvreté qui touche déjà 10 millions de personnes en France. Nous devons donc répondre à l’urgence pour protéger les personnes les plus fragiles, démunies et isolées.

Écologique bien évidemment.

L’épidémie de la Covid-19 est la conséquence de l’intervention humaine sur les milieux sauvages reconnue par le Giec de la biodiversité. Pour enrayer l’augmentation des pandémies, nous devons stopper le déclin du vivant et prévenir les risques en mettant la reconquête de la biodiversité au cœur des politiques publiques.

Citoyenne enfin.

Comme le préconise le Conseil Scientifique, et contrairement aux actes du gouvernement, la gestion de la crise doit être démocratique. Localement et dans l’immédiat, nous avons proposé que la gestion de cette crise passe :

  • par la lutte contre les inégalités sociales avec des chèques alimentaires permettant aux plus précaires de se nourrir sainement.
  • par la création d’un « plan local covid-19 », où les contacts avec les plus fragiles seront maintenus afin d’éviter l’isolement.
  • par la création d’une plate-forme de e-commerce locale soutenue par la ville pour sauver le commerce de proximité.
  • par une gestion concertée avec les enseignants et les personnels municipaux de l’accueil des élèves dans les écoles prenant en compte les règles sanitaires face aux injonctions contradictoires du Ministre de l’Éducation Nationale.
  • par une gestion démocratique de cette crise en créant un « conseil de résilience sanitaire dijonnais » impliquant les acteurs du territoire comme à Grenoble ou Bordeaux.

Enfin, nous appuyons l’aide réaffirmée de la ville aux associations.

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