Vignoble dijonnais

L’histoire de Dijon est étroitement liée à celle des grands vins de Bourgogne. Jusqu'au dernier tiers du XIXe siècle, la côte dijonnaise produit même quelques grands crus. Les vignes poussent dans tous les quartiers. Parasites de la vigne et urbanisation sonneront la fin de cet âge d'or... Aujourd'hui, le vignoble dijonnais opère sa renaissance. Le rachat du domaine de La Cras (AOC Bourgogne) et la plantation de nouvelles vignes dans l'ère urbaine marquent ce réveil de la Côte de Dijon.

Le domaine de la Cras
La vigne du domaine de la Cras, située dans l'aire péri-urbaine, entre Dijon, Corcelles-lès-Monts et Plombières-lès-Dijon

Une brève histoire des vins du Dijonnois

Remontons le temps... Nous sommes au XIVe siècle, la capitale des ducs de Bourgogne possède alors son propre vignoble, cultivé sur les coteaux de Dijon, Chenôve et Marsannay-la-Côte. L’architecture du cœur de ville a gardé la trace de cette histoire viticole marquée par la décision historique des ducs de Bourgogne qui, depuis leur palais de Dijon, avaient imposé le pinot noir.

Des crus comparables aux Meursault

Grâce à l'influence des ducs, la réputation de ces vins dépasse largement les frontières du royaume. Du XIVe au XVIIIe siècle, certains crus dijonnais sont renommés en France et à l'étranger, pour leur potentiel de garde. Quelques « têtes de cuvée » sortent du lot. Les crus des Marcs-d'Or, des Champs-Perdrix et des hameaux de Larrey rappellent par leur finesse, leur vivacité et leur noblesse les grands vins blancs de Meursault.

La statue du « Bareuzai »
La statue du « Bareuzai », vigneron foulant le raisin au centre de la place François Rude à Dijon. Le mot « Bareuzai », issu du patois bourguignon, signifie littéralement au « bas rosé ».

Des vignes dans tous les quartiers

Au XIXe siècle, le vin de Bourgogne connaît un formidable essor. Il s’exporte jusqu'en Russie et en Amérique ! Le territoire de l'actuelle Dijon Métropole est alors couvert de vignes, sur environ 1200 hectares. Les Bourroches, En Montre-Cul, Valendons, Tire-Pesseau, Crais de Pouilly, Poussots, Perrières, les Marcs d'Or : tous ces lieux dijonnais ont leurs parcelles et leurs productions viticoles bien spécifiques.

La fin de l'âge d'or

A partir de 1875, l'arrivée du phylloxéra, petit insecte ravageur pour la vigne, réduit la production et la surface des vignobles dijonnais. L'arrivée du chemin de fer et l'expansion urbaine achèvent de grignoter le vignoble du Dijonnois. Ne sont restés que quelques hectares cultivés en pinot et chardonnay.

La renaissance du vignoble dijonnais

Aujourd'hui, le retour du vignoble constitue un enjeu majeur pour la capitale régionale. La côte dijonnaise a entamé sa renaissance grâce aux vins produits par le domaine de La Cras (propriété de Dijon Métropole), aux Marcs-d'Or et dans plusieurs communes de l'agglomération (Chenôve, Daix, Marsannay-la-Côte, Plombières, Talant).

Le domaine de La Cras, racheté par Dijon Métropole

En novembre 2013, Dijon Métropole rachète le domaine de La Cras. À cheval sur les communes de Dijon, Plombières-lès-Dijon et Corcelles-les-Monts, ce territoire se situe à la charnière des espaces naturels préservés de la Combe à la Serpent et du Mont Afrique. Ce domaine de 160 hectares se compose de vignes et de terres agricoles.

Sur ces terres s'alignent quelques 8 hectares de ceps de vignes, plantés à partir de 1983 par un agriculteur passionné de viticulture. Depuis une trentaine d'années, les Coteaux de Dijon se réveillent. L'acquisition du domaine de La Cras par Dijon Métropole marque la réconciliation entre la ville et la vigne.

Marc Soyard, le viticulteur du domaine de la Cras
Marc Soyard, viticulteur du domaine de la Cras, photographié au sein du vignoble.

Des terres classées en AOC Bourgogne

Le territoire du plateau de La Cras est situé en aire d'appellation d'origine contrôlée Bourgogne (AOC Bourgogne). Les terres de La Cras offrent d'excellentes conditions pour la culture de la vigne : une altitude de 360 à 400 mètres, comparable à celle des vignobles des Hautes Côtes de Nuits ; des sols très calcaires, faciles à cultiver ; des sols caillouteux, bien drainants, favorables à une viticulture de haut niveau ; et une orientation plein sud permettant un ensoleillement tout au long de la journée.

Dijon Métropole a confié la gestion du domaine viticole à la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or, qui en a elle-même confié l'exploitation au viticulteur Marc Soyard. Ce dernier a fait ses armes au sein du domaine Jean-Yves Bizot à Vosne-Romanée. Le viticulteur bichonne le vignoble de La Cras composé de 3 hectares en chardonnay, 5 hectares en pinot noir. Il produit des vins AOC Bourgogne Rouge, Blanc et Rosé. À l'automne, les Dijonnais sont invités à participer à des « vendanges citoyennes ». Chaque année, environ 20 000 bouteilles sont produites, dont environ 2000 pour Dijon Métropole.

Bientôt des vins en biodynamie !

Dans un futur proche, Marc Soyard souhaite diversifier sa production (vins pétillants, aligoté, pinot gris) et étendre l'exploitation. Le domaine s'y prête, avec un potentiel d'environ 13 hectares de vignes supplémentaires. Marc Soyard souhaite faire passer les vignes de La Cras en « bio » ou en biodynamie. Il a mis en place des méthodes douces et durables. Pas de traitements chimiques mais des préparations naturelles. Pas de vignes « clonales »: le viticulteur privilégie la diversité des cépages anciens. 20 à 30 variétés anciennes de pinot noir se côtoient sur les coteaux de la Cras ! Cette démarche durable correspond à l'ambition de Dijon Métropole de faire du domaine de La Cras un vaste espace agro-environnemental aux portes de la capitale régionale.
Découvrez le domaine de La Cras.

La ville replante ses vignes

La ville de Dijon et Dijon Métropole, associées à la Chambre d'Agriculture et au Jardin des sciences, ont engagé la plantation de nouvelles vignes dans l'ère urbaine. À terme, la capitale régionale ambitionne d'exploiter 50 hectares de vignes, référencées en AOC Bourgogne. Elle pourrait ainsi produire un volume de 200 000 bouteilles par an.

Des viticulteurs issus de grands domaines

Une parcelle de 4 hectares, appartenant à la ville de Dijon, a été identifiée dans le secteur de la Rente Giron. Quatre viticulteurs ont été retenus pour planter les nouveaux ceps de vignes, sur environ 1 hectare chacun. Issus de grands domaines – le domaine Guillon et Fils, de Gevrey-Chambertin ; le domaine Clos Saint-Louis, de Fixin ; le domaine du Vieux Collège à Marsannay-la-Côte ; et le domaine Chantal Lescure, de Nuits-Saint-Georges – tous s'engagent à mettre en place des pratiques viticoles respectueuses de l'environnement. Les plantations de pinot noir et de chardonnay débutent au printemps 2017. Pour la dégustation des premières cuvées : compter un minimum de quatre ans. Pour des vins plus matures, une dizaine d'années seront nécessaires.

Une ambition : obtenir l'appellation « Côte de Dijon »

Ces quatre nouveaux hectares de vignes sur le territoire de Dijon sont, avec les 8 hectares de La Cras, le point de départ d'une ambition forte. Celle de candidater auprès de l'Inao (Institut national des appellations d'origine) pour obtenir une appellation Côte de Dijon. Elle rejoindrait ainsi, sur la route des grands crus, les prestigieuses Côte de Nuits et Côte de Beaune.

La viticulture dans l'agglomération dijonnaise, en chiffres-clés :

  • 300 hectares de zones référencées en AOC Bourgogne sur le territoire du Grand-Dijon, dont 50 hectares seront à terme replantés de vignes.
  • 600 hectares de vignoble à Marsannay-la-Côte. Il possède sa propre appellation.
  • 4 zones viticoles sur le territoire de Dijon : La Cras, Montrecul, les Marcs-d'Or, et désormais la Rente Giron.
  • 2,5 hectares consacrés au Conservatoire du pinot noir et du chardonnay, en partenariat avec la chambre d'agriculture de Côte d'Or, au domaine de La Cras. Il va permettre d'identifier les plants qui s'adaptent le mieux aux impacts du changement climatique.

« Dijon, terre de vin » vue par France 3 Bourgogne

Sur France 3 Bourgogne, la collection de magazines « Pourquoi chercher plus loin » présente les richesses naturelles, culturelles et patrimoniales du territoire. Dimanche 24 avril 2016, c'est à « Dijon, terre de vin » que l'émission fait une halte. Un reportage de 26 minutes, réalisé par Pierre Cholbi et Muriel Bessart, nous emmène sur les traces de la Dijon viticole au détour des rues, sur les façades, dans les archives municipales et au cœur du vignoble dijonnais, sur le plateau de La Cras. Voir le reportage Dijon Terre de vin.

Dijon, côté vignes, mise à l'honneur sur France 2

La renaissance du vignoble dijonnais fait parler d'elle, bien au-delà de la Bourgogne Franche-Comté. La chaîne nationale France 2 a consacré un large dossier lundi 9 mai 2016 à l'histoire et aux ambitions viticoles de la capitale régionale. Entre l'inscription des Climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l'Unesco, la future Cité internationale de la gastronomie et du vin et la plantation de nouvelles vignes, Dijon porte haut son identité viticole !

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