Du 16 décembre 2020 au 25 avril 2021

Le Consortium Museum se prépare à rouvrir ses portes au public.

Après un mois et demi de fermeture, trois nouvelles expositions inédites seront dévoilées à partir du 16 décembre, oscillant entre peinture, sculpture et installation. Elles présentent pour la première fois en France les propositions monographiques des artistes Shara Hughes (États-Unis), Sarah Lucas (Royaume-Uni) et Paloma Varga Weisz (Allemagne)

Paloma Varga Weis

Varga Weisz en France, le Consortium Museum présente Glory Hole, une installation monumentale invitant les visiteurs à l’indiscrétion.

Née en 1966 à Mannheim en Allemagne, Paloma Varga Weisz a grandi dans un environnement artistique prolifique, influencée par un père artiste d’origine hongroise, Ferenc Varga, et son cercle amical (Henri Matisse, Jean Cocteau, Pablo Picasso). À 21 ans, elle s’initie à la sculpture traditionnelle sur bois, une technique qui restera au coeur de sa pratique par la suite. Mais le travail de Paloma Varga Weisz s’illustre aussi bien à travers d’autres médiums comme l’installation, le dessin, l’aquarelle et plus récemment, la vidéo. Les influences de Paloma Varga Weisz, qui a également étudié à la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf, sont multiples : on reconnaît son goût pour les sculptures du Moyen-Âge, pour le travail de Louise Bourgeois ou encore pour l’iconographie traditionnelle de la Renaissance. Inspirées par son histoire personnelle et sa vie quotidienne, ses oeuvres s’incarnent dans un univers empreint de poésie, de grotesque et de folklore.

Des figures hybrides en surgissent, parfois érotiques et souvent étranges : créatures déformées, corps mutilés, personnages aux multiples visages, bustes de siamois, polichinelles désarticulés…

Le titre de l’installation que l’artiste présente au Consortium Museum, Glory Hole, renvoie à une pratique érotique qui consiste en la création dans une cloison d’une ouverture réduite et suffisamment discrète pour permettre l’observation voyeuriste d’ébats sexuels et/ou l’introduction d’un sexe masculin.

Installée dans la White Box du Consortium Museum, l’oeuvre de Paloma Varga Weisz se présente sous la forme d’une large cabane rustique dont les planches en bois sombre, grossièrement assemblées, laissent découvrir quelques rayons de lumière provenant de l’intérieur. L’oeuvre, présentée pour la première fois au Kunstverein de Salzbourg (2015) et montrée plus récemment au Bonnefanten Museum de Maastrich (2019), est inspirée de ses recherches dans la campagne autrichienne, où la cabane a été prélevée pour ensuite être acheminée jusqu’à ses lieux d’exposition successifs.

Impressionnante mais impénétrable, l’installation est activée par la curiosité du visiteur. Pour en découvrir le contenu, il est invité à s’approcher au plus près de la structure pour pouvoir l’observer grâce aux différentes ouvertures suggérées, comme les interstices de la construction et les orifices prévus à cet effet : les Glory Holes.

Deux salles, faiblement éclairées, se dévoilent sous le regard indiscret du visiteur, mettant en scène plusieurs personnages fabriqués de toutes pièces. Deux marionnettes à taille humaine, réduites à une gestuelle sexuelle mécanique, s’animent grâce à des câbles suspendus au plafond. Ces deux figures donnent à voir les qualités de sculptrice de l’artiste qui travaille régulièrement le tilleul pour la pureté de son rendu et son touché lisse. Elles illustrent aussi l’attention portée par Paloma Varga Weisz aux questions d’identité et de genre : ici, les rôles des personnages sont limités à leur fonction sexuelle. Avec un visage déformé par un
pénis proéminent qui s’agite par des mouvements répétés, l’une des sculptures incarne une virilité aussi ridicule qu’exacerbée. La présence de deux singes naturalisés participe autant à l’absurdité de cette mise en scène.

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