Du 16 décembre 2020 au 25 avril 2021

Le Consortium Museum se prépare à rouvrir ses portes au public.

Après un mois et demi de fermeture, trois nouvelles expositions inédites seront dévoilées à partir du 16 décembre, oscillant entre peinture, sculpture et installation. Elles présentent pour la première fois en France les propositions monographiques des artistes Shara Hughes (États-Unis), Sarah Lucas (Royaume-Uni) et Paloma Varga Weisz (Allemagne). 

Shara Hughes

Née en 1981 à Atlanta, Géorgie, Shara Hughes vit et travaille à New York.

Elle est diplômée de la Rhode Island School of Design de Providence (Rhode Island) et a étudié dans le programme de la Skowhegan School of Painting and
Sculpture de Madison (Maine). Shara Hughes est une artiste dont les peintures invitent à la contemplation : ses toiles représentent des paysages idylliques aux couleurs vives et contrastées avec un style singulier.

Pour sa première exposition personnelle en France, le Consortium Museum présente un ensemble inédit composé d'une quarantaine de peintures de l'artiste, réalisées entre 2016 et 2020 et presque toutes issues de collections privées. Sous le regard d'Éric Troncy, cette proposition, intitulée « Pivot », s'étend sur sept salles et propose au visiteur un parcours immersif dans la peinture instinctive de la jeune peintre américaine.

C'est d'abord à travers des scènes d'intérieur que Shara Hughes s'exerce à la peinture, dans un style qui puise ses références dans la peinture figurative contemporaine, comme celle de David Hockney. Elle change d'univers brusquement en déménageant à New York il y a quelques années ; c'est à partir de ce moment que des paysages imaginaires capteront toute son attention. En 2017, sa participation à la Biennale du Whitney donnera à cette nouvelle série de toiles toute sa notoriété et à la carrière de l'artiste une visibilité internationale.

Les sujets évoqués par la peinture de Shara Hughes sont d'abord classiques ; on reconnaît des paysages déserts aux couleurs vives, des couchers de soleil chatoyants, des natures mortes florissantes, qui rappellent l’attrait de l’artiste pour la peinture moderne du début du siècle. Ses toiles figurent une nature sauvage au décor luxuriant – forêts denses, rivières brillantes, montagnes au relief accidenté – dans laquelle la présence humaine n’a pas sa place.

Certaines compositions adoptent un autre point de vue, saisissant des portraits de fleurs aux variétés inconnues. Ces plantes géantes et psychédéliques peuvent être contemplées sur de grands formats et rappellent autant les tournesols de Vincent van Gogh que les fleurs iconiques de Georgia O'Keeffe.

Inspirée par les mouvements de la peinture d'avant-garde tels le Fauvisme ou l’expressionnisme allemand, Shara Hughes ne se prête pas au jeu du réalisme et construit ses toiles selon ses propres règles avec une perspective souvent primaire, des compositions aux lignes chaotiques et des associations de coloris audacieuses.

Ces tableaux aux couleurs saturées, qui prennent source dans son imaginaire, sont associés à des motifs abstraits qui surgissent régulièrement sur la toile, parfois
jusqu'à ce que le sujet s'efface sous les couches de peinture. Ce style traduit toute la spontanéité de Shara Hughes qui élabore intuitivement les éléments de ses compositions, sans plan préétabli face à la toile blanche, guidée par sa seule imagination.

Pour parvenir à ces effets, elle a recours à toutes sortes de prouesses techniques : des coups de pinceaux énergiques, de grands aplats de couleurs et des tracés légers ; elle mobilise aussi tous les matériaux picturaux pouvant élargir sa gamme chromatique : peinture acrylique, aérosol, colorant, pastel gras... Ces outils lui permettent d'accéder à une très large palette, caractéristique de son style, et réaffirment sa technique de coloriste hors-pair.

L’exposition « Pivot » propose ainsi de donner une vision d'ensemble du travail récent de Shara Hughes pour révéler toute la portée poétique et onirique de son univers.

Dijon sur le web, c'est aussi...