Yan Pei-Ming expose au Musée des Beaux-Arts

L’exposition L’Homme qui pleure se déploie dans l’ensemble du nouveau musée des Beaux-Arts de Dijon et met en lumière un peintre contemporain majeur à la carrière internationale.

En image dans la vignette et le bandeau de titre : Fabian Stech, portrait d’un ami, 11/2015, huile sur toile, 81 x 65 cm, photographie : André Morin, © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019

Né en 1960 à Shanghai, Yan Pei-Ming entre à l’École nationale supérieure d’art (Ensa) de Dijon en 1981. C’est en Bourgogne qu’il fera des rencontres décisives pour sa carrière – notamment celles de Xavier Douroux et de Franck Gautherot, les fondateurs du Consortium, et de Fabian Stech, docteur en philosophie et critique d’art.

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Photographie : André Morin © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019.

Composée d’une cinquantaine d’œuvres, l’exposition L’Homme qui pleure se déploie dans l’ensemble du nouveau musée des Beaux-Arts de Dijon et met en lumière un peintre contemporain majeur à la carrière internationale. Tel un journal intime, cette exposition explore les émotions et la révolte ressenties par l’artiste face à la brutalité du monde et sa douleur face aux drames intimes et familiaux. L’exposition rend hommage à sa mère, à Xavier Douroux et à Fabian Stech, récemment disparus, et éclaire la vision très personnelle d’un homme blessé par la violence de la vie et qui continue de se battre.

Yan Pei-Ming, artiste de renommée internationale qui vit à Dijon, est à l’honneur dans les plus grands musées du monde. Il fut, en 2009, le premier artiste à exposer de son vivant au Louvre. Il couche avec énergie les visages des grands de ce monde – de Jean Paul II à Mickaël Jackson – et d’anonymes qui incarnent une part d’humanité – boat people, migrants et victimes des guerres qui ravagent la planète. À l’invitation du maire de Dijon, François Rebsamen, Yan Pei-Ming expose L’Homme qui pleure jusqu’au 23 septembre prochain.

Dijon est la ville où vous avez choisi de vivre et de travailler après vos études à l’Ensa. Est-ce important pour vous de créer la première exposition temporaire du “nouveau” musée des Beaux-Arts ?

Yan Pei-Ming Ce sont des retrouvailles ! C’est une chance, seize ans après une première exposition temporaire dans “l’ancien” musée (Fils du Dragon, Portraits chinois – 2003, NDLR), d’avoir l’opportunité de présenter au public un point de vue différent. Un bilan peut-être, une mise au point assurément.

Quel sera le fil conducteur de votre exposition au musée des Beaux-Arts de Dijon ?
Yan Pei-Ming. Ça pourrait être l’expression de l’angoisse d’une époque, l’analogie entre tragédies universelles et personnelles. La violence de l’actualité faisant écho aux tourments du drame individuel.

Vous avez également créé des œuvres qui dialogueront avec les collections du musée. Comment avez-vous travaillé sur ce projet précis ?

Yan Pei-Ming Je mets en dialogue peinture historique et interprétations contemporaines afin de révéler la transcendance de l’énergie picturale. C’est aussi un hommage à ces grands artistes qui continuent de m’inspirer.
Dans la salle des tombeaux des ducs de Bourgogne, un triple portrait de ma mère, profondément contemporain, dialoguera avec les atemporels Pleurants.

Dijon n’est pas votre seul rendez-vous en 2019. Il y a le musée Courbet à Ornans et puis deux musées emblématiques à Paris. Comment parvenez-vous à “gérer” pareille densité ?

Yan Pei-Ming Il s’agit de créer un échange à chaque exposition, réussir à garder une cohérence propre à mon oeuvre tout en explorant de nouvelles voies. À Ornans, ce sera une confrontation à l’oeuvre d’un grand artiste. Au Petit Palais, ce sera une cohabitation avec Gustave Courbet. Celle du Musée d’Orsay sera intitulée Un Enterrement à Shanghai.

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