Une plaque en l'honneur de Louise Michel

Janine BESSIS, ancienne élue dijonnaise engagée dans de nombreuses actions en faveur des femmes et décédée le 8 mars dernier, a influencé la féminisation de très nombreux noms de rues dijonnaises dont la rue Louise MICHEL. À l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris*, la ville de Dijon a souhaité mettre en lumière la vie de cette femme libre et généreuse dans ses combats politiques et humains.

Romanesque, telle fut la vie de Louise MICHEL (1830-1905), fille illégitime d’un châtelain et de sa servante. Institutrice, écrivaine, militante révolutionnaire aux idées féministes, Louise MICHEL est une figure emblématique de la Commune de Paris*. Risquant sa vie sur les barricades pour ses convictions, elle paie son engagement par sa déportation, le 10 août 1873, en Nouvelle-Calédonie. Lors de cet exil forcé long de 7 ans, elle s’intéresse d’abord aux chansons, langues et coutumes des autochtones. Elle sera l’une des rares personnalités européennes à prendre la défense des Kanaks lors des révoltes de 1878, son idéal révolutionnaire ne supportant pas la souffrance de ce peuple auquel on subtilise sa terre et ses droits ancestraux.

Ensuite, passionnée par le vivant, Louise MICHEL élève et recueille toute sorte d’animaux et ne se lasse pas de décrire et de dessiner une nature luxuriante.

Puis, comme institutrice, elle considère l’éducation comme le seul moyen d’armer les populations pour combattre toute forme d’asservissement. Le 16 octobre 1879, elle refuse une remise de peine par solidarité pour ses compagnons aussi déportés. Une amnistie générale sera signée le 11 juillet 1880.

De retour en métropole, Louise MICHEL reprend son activité politique, défend l’abolition de la peine de mort et consacre son existence à la défense des femmes et des ouvriers.

*La Commune de Paris est le nom donné au mouvement révolutionnaire et au gouvernement insurrectionnel qui fut mis en place à Paris entre le 18 mars et le 28 mai 1871. Cette révolte est à la fois une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de Paris, et une manifestation de l’opposition entre le Paris républicain favorable à la démocratie directe et une Assemblée nationale à majorité monarchiste acquise au régime représentatif. Lors de la semaine sanglante, du 21 au 28 mai 1871, le mouvement est écrasé, après des combats acharnés sur des centaines de barricades. Une partie de Paris est incendié. La dernière poche de résistance est anéantie au cimetière du Père Lachaise où plus de 400 combattants sont fusillés contre un mur d’enceinte qui devient le mur des Fédérés (noms donnés aux partisans de la Commune de Paris). Cette insurrection et la violente répression qu’elle subit (entre 20 000 et 30 000 fédérés tués durant les combats, massacrés ou exécutés / sur plus de 38 000 insurgés jugés en conseil de guerre, 7 500 sont déportés en Algérie et en Nouvelle-Calédonie comme Louise MICHEL) eurent un retentissement international important. Véritable mythe unificateur au sein du mouvement ouvrier, elle est encore aujourd’hui une référence historique pour les mouvements de gauche.

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