Dijon, sous nos pieds

C’est sous les pavés de Dijon que l’héritage architectural et culturel de la ville, témoin de sa longue histoire, a été mis au jour. Les experts de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont mené des fouilles au fil des chantiers de construction. Le sous-sol a dévoilé des vestiges enfouis, des objets du quotidien ou des restes de dépouilles.

Sous l'ancien hôpital général, l'hôpital médiéval du Saint-Esprit

Des fouilles ont été réalisées sur le site de l’ancien Hôpital Général de 2016 à 2018, avant les travaux de construction de la future Cité internationale de la gastronomie et du vin et ont fait émerger le passé de ce faubourg du Moyen Âge au XIXe siècle. Les archéologues ont dégagé les traces de l’hôpital médiéval du Saint-Esprit fondé au XIIe siècle par Eudes III qui accueillait les enfants abandonnés et les pèlerins et devenu plus tard l’Hôpital Général :

Les vestiges de l'hôpital du Saint-Esprit à dijon

Vue sur les viviers à poissons installés en bordure de l’Ouche sur le site de la future Cité internationale de la gastronomie et du vin :

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Les archéologues de l'Inrap ont aussi identifié des bâtiments et des objets permettant de connaître les activités autrefois liées à la rivière : lavoirs, pêcheries, moulins, bains, auberges... installées le long de la rive gauche de l’Ouche.

Retrouvez l'ensemble de leurs trouvailles ici.

400 km d'égout sous la ville, l'un des plus anciens de France

Les professionnels parlent plutôt du réseau d'assainissement. Sous les immeubles, les eaux usées s’écoulent des canalisations qui convergent vers un long ruisseau avant de rejoindre la station d’épuration Eauvitale. Pour se repérer dans ce labyrinthe, à chaque angle correspond une adresse dijonnaise, comme le boulevard Clemenceau sur les photos. Ces plaques de rues sont indispensables aux égoutiers qui travaillent dans les sous-sols de la ville :

            

Le réseaux d'assainissement de Dijon, Place de la République

Le réseaux d'assainissement de Dijon

Sous le jardin Darcy, un réservoir

Au détour du jardin Darcy, sous la butte, se cachent des escaliers étroits menant aux profondeurs du réservoir du même nom, ouvert chaque année au grand public lors de sa maintenance. Au début du XIXe siècle, la ville de Dijon est confrontée à des difficultés d’approvisionnement en eau potable. Les débits et la qualité de l’eau des fontaines et des rivières qui traversent la ville ne satisfont plus les besoins d’une population dépassant les 20 000 habitants. En 1833, le dijonnais Henri Darcy, polytechnicien, élabore un mémoire dans lequel il préconise l’approvisionnement en eau à la source du Rosoir, dans la vallée du Suzon. Les travaux débutent en 1839. Un aqueduc de 12,7 km aboutit au réservoir de la porte Guillaume.

Aujourd'hui, le réservoir stocke les eaux pluviales destinées à l'arrosage des plateformes engazonnées du tramway. Ci-dessous, les galeries vidées pour leur maintenance :

Réservoir Darcy à Dijon

Le pont aux ânes enseveli sous le boulevard de la Trémouille

Dijon possède un réseau important de petits cours d’eau incluant des rivières canalisées et enterrées : l’Ouche, les bras du Suzon, le ruisseau du Raines qui rejoint les canaux de Guise et le ru de Pouilly.

Le Suzon qui s’écoule du nord au sud de la ville a été recouvert sur 4 km à partir du boulevard des Allobroges jusqu’à la place Roger-Salengro. A l'occasion des travaux du tram, des fouilles ont été réalisées boulevard de la Trémouille et le pont aux ânes a été retrouvé, sous lequel coulait le Suzon avant qu'il ne soit enterré :

Fouilles Inrap pendant le chantier du tram, boulevard de la Trémouille, découverte du pont aux ânes

Une salle romane enterrée au musée archéologique

Au Moyen Âge, cette partie de l’abbaye Saint-Bénigne était le rez-de-chaussée et donnait sur un cloître. Au XVIIe siècle, les moines mauristes remblayèrent le cloître, enfouissant sous terre le scriptorium et la salle du chapitre attenante. Cette vaste salle Romane située au sous-sol du musée archéologique, est dorénavant ouverte au public :

Salle romane au musée archéologique : le scriptorium

Des objets du quotidien bourguignon dans les sous-sols du musée de la Vie bourguignonne

Les espaces de stockage du musée de la Vie bourguignonne sont situés dans les caves de l’établissement. Un long couloir dessert des rangées d’étagères recouvertes de tissu bleu imperméable. Des objets du quotidien datant des XIXe et XXe siècles comme des sabots en bois et des éléments de charrue y sont conservés. On y trouve aussi des plaques émaillées avec des noms de rues ou de villages :

Stockage de plaque de rue eu musée de la vie bourguignonne

Stockage d'objets régionnaux au musée de la vie bourguignonne

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