Banque alimentaire, le back-office de l'aide sociale

Appuyée par 160 bénévoles en région, l’association réalise chaque matin des « ramasses » auprès d’une quarantaine de grandes surfaces. « Nous récupérons les invendus en fin de vie mais encore propre à la consommation. » Si la majorité des marchandises provient de cette source, la banque alimentaire peut aussi compter sur des aides de l’État et de l’Europe ainsi que sur la générosité des consommateurs pendant sa collecte annuelle de novembre. Destinée aux bénéficiaires adressés par les travailleurs sociaux aux différentes associations partenaires, cette aide alimentaire a répondu aux besoins de plus de 60 000 bourguignons dont 19 000 métropolitains. « En 2017, en Bourgogne, nous avons distribué 2 342 tonnes soit l’équivalent de plus de 4.6 millions de repas. » En coulisse, sans contact direct avec les récipiendaires, ce travail passe trop souvent inaperçu. Son indispensable action contribue pourtant à guider les personnes démunies vers leur intégration sociale. « Les associations que nous fournissons ont un rôle qui dépasse l’alimentation, elle participe à un processus de socialisation. » Pour les accompagner dans leur mission, Gérard Bouchot rappelle que son association propose des formations portant aussi bien sur l’hygiène alimentaire que sur l’écoute active.

Un nouveau site à Dijon

Pour faire face à un besoin malheureusement croissant, la banque alimentaire, installée depuis 1990 à Quetigny, déménage pour s’agrandir. En juin prochain, l’association va quitter son entrepôt de 624 m² pour investir un bâtiment de 4 281 m² de la rue de Skopje à Dijon dans lequel d’autres acteurs de l’aide alimentaire comme l’épicerie sociale et solidaire Epi’Sourire et le collectif des épiceries sociales de Bourgogne Franche-Comté trouveront également leur place.

L’investissement nécessaire de 2.4 M€ a obtenu 65% de financement en subvention dont 300 000 € de la ville de Dijon. Avec ses nouveaux locaux, la banque alimentaire espère pouvoir répondre aux besoins insatisfaits des associations qu’elle ne fournit qu’à 50% actuellement.

Épiceries solidaires

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Respectivement créées en 2005 et 2015, Epi’Sourire et le Cœur dijonnais accueillent les Dijonnais les plus en difficulté, orientés par les acteurs sociaux du territoire. D’abord destinées à la réalisation d’économies temporaires, les deux épiceries solidaires constatent qu’aujourd’hui les ayants droit s’inscrivent plutôt
dans la durée. Personnes âgées, familles monoparentales, bénéficiaires des minimas sociaux ou travailleurs pauvres, les publics varient mais la baisse de leur pouvoir d’achat les réunit. L’année dernière, 1 567 foyers ont été accueillis dans la première tandis que la seconde a contribué à remplir le frigo de 2 790 familles.

Pousser la porte d’une épicerie solidaire s’avère parfois difficile. Alors, le Cœur dijonnais s’applique à donner de la dignité à ce moment de course à moindre coût,
dans un magasin aux apparences classiques. L’approche est similaire chez Epi ‘Sourire qui va bientôt déménager dans les locaux de la banque alimentaire pour s’agrandir. À ces deux adresses, l’alimentation à prix réduit ne doit pas se faire au détriment de la qualité. À côté des produits d’hygiène proposés, les deux épiceries encouragent les bénéficiaires à profiter d’une alimentation saine. Les fruits et légumes ont donc toute leur place en attendant que les réflexions sur les productions locales et durables aboutissent en rayon. Dans cette dynamique, le collectif « Of Courses » des épiceries sociales et solidaires de Bourgogne-Franche-Comté, en cours de création, leur donnera l’opportunité de mutualiser leurs achats et de garantir une qualité renforcée à chacun.

Coeur dijonnais - 3, impasse Clément Desormes • coeurdijonnais.fr
Epi’Sourire - 4, place Jacques Prévert • episourire.fr

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