Mairie de Dijon
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Comment le tram va changer l'image de la ville !

Un moyen de transport confortable, qui donne à voir la ville autrement

Un vecteur de modernité

Au coeur d’un territoire où le tramway a été autrefois supprimé, son retour va métamorphoser la ville, à l’instar de la place de la République. Ce que confirme notamment Guy Louis, historien des transports en commun de l’agglomération dijonnaise.

Le 1er décembre 1961, un tramway de la ligne reliant la place Wilson à la base aérienne de Longvic effectue sa dernière rotation. Le tramway disparaît alors du paysage dijonnais au profit des bus. Unepage se tourne, après presque soixante-dix ans de bons et loyaux services. Car c’est en 1893 que les premiers trams font leur apparition à Dijon et qu’est constituée la société des tramways électriques de Dijon (TED), qui exploitera, après la Seconde Guerre mondiale, un réseau complet composé de six lignes. Mais les premiers projets de suppression du tramway remontent aux années 1930, rappelle Guy Louis, historien des transports publics dijonnais, dans un livret consacré à l’histoire du tram publié en 1977 par la Fédération des amis des chemins de fer secondaires. Et finalement, l’autobus finit par obtenir gain de cause. 

TRAMWAY RIME AVEC SUCCES

Dijon ne faisait que s’inscrire à l’époque dans un mouvement général, observé dans toutes les villes de France. C’est en quelque sorte l’école française, explique Alfred Peter, paysagiste strasbourgeois qui a récemment redessiné les rues et les places de Dijon. Comme toutes les infrastructures ont été supprimées à l’époque, il faut aujourd’hui tout reconstruire, et par la même occasion repenser la ville, l’urbanisme, les modes de déplacement… Le retour du tram ? Certaines villes tentent l’expérience plus tôt que d’autres : Saint Étienne, par exemple, se dote d’un tramway « moderne » dès 1959. Mais il faudra attendre 1985 pour que Nantes lui emboîte le pas, puis Grenoble et Strasbourg. Avec le recul, on s’aperçoit que, nulle part, le retour du tramway n’a été finalement critiqué, constate Guy Louis. Partout, ce moyen de transport remporte un vrai succès. À Dijon, les deux lignes devraient transporter 90 000 passagers par jour et faire progresser le nombre de voyageurs Divia de 30 %. Mais pourquoi un tel engouement ?

C’est un moyen de transport confortable, qui donne à voir la ville autrement à travers ses grandes baies vitrées, explique Guy Louis. Il donne une impression de rapidité, même quand il ne roule qu’à 20 km/h. Et puis c’est un vecteur de modernité : regardez comment des gens qui n’auraient jamais pris le bus montent volontiers dans un tramway ! Profitant de l’arrivée du « tramway moderne » du Grand Dijon, Guy Louis vient de publier un magnifique ouvrage qui raconte toute l’histoire des transports en commun dijonnais. Une mine de renseignements !

DIJON DANS LA PLACE

Les places Darcy et République seront toutes deux desservies par les deux lignes de tramway, ce qui offrira un passage toutes les deux minutes et demie dans les deux sens. Jusqu’à présent traversées par des flux de voitures qui les défigurent, les places vont profiter de l’arrivée du tramway pour se refaire une beauté. C’est le paysagiste strasbourgeois Alfred Peter qui a redessiné ces espaces publics, où les piétons et les modes de déplacement doux auront la part belle.

La place Darcy, où le nombre de voies de circulation sera ramené de onze à deux, va voir pousser des arbres plantés dans de grands bacs qui serviront aussi de bancs. La perspective s’ouvrira, à travers l’arc de triomphe, vers la rue de la Liberté piétonnisée.

Quant à la place de la République, espace de correspondance entre les tramways et les bus, elle sera ceinturée par deux voies de circulation au lieu de trois… Plantations, nouveaux cheminements et revêtements, création d’une fontaine contemporaine qui mettra en valeur le monument à Sadi-Carnot, mise en lumière soignée et piétonisation de l’esplanade centrale vont faire de cette place un espace public de grande qualité, où pourront s’installer des manifestations ponctuelles qui profiteront de l’attractivité nouvelle du site. Il ne reste plus qu’à faire preuve de patience.