
Monter au feu pour convaincre
La place de l'action économique dans la politique municipale !
François Rebsamen plaide pour une vision offensive de sa fonction.
Dijon Mag : Quelle place tient l’action économique dans la politique municipale ?
François Rebsamen : Elle est déterminante et nécessite une implication personnelle à tout moment. Comme il s’agit là d’une compétence de la communauté d’agglomération du Grand Dijon, que je préside, je travaille plus largement à l’échelle du territoire dijonnais, qui regroupe 22 communes. L’action que nous menons en faveur de l’économie combine deux objectifs essentiels à mes yeux : permettre la création d’emplois et l’arrivée de nouveaux habitants. Ce couple vertueux impulse le développement de tout le bassin de vie communautaire.
DM : Comment vous y prenezvous pour attirer des entreprises ou éviter qu’elles ne partent ?
FR : J’ai très vite compris, et cela s’est passé au moment où la SNCF a délocalisé son centre national de logistique industrielle et regroupé des services financiers et comptables dans la tour Mercure à Dijon, que l’élu que je suis doit monter au feu pour convaincre. Je le fais en totale synergie avec Martine Pleux, directrice de Dijon Développement, et le service économique de l’agglomération qui travaille tous les dossiers en amont. Je reçois également les porteurs de projet ou les chefs d’entreprise déjà implantés sur place en m’adaptant le plus possible à leur agenda. J’essaie, dans la mesure du possible, d’appréhender et de comprendre leur métier, leurs impératifs, leurs besoins. Pour les étrangers, par exemple, j’apprends au moins quelques mots de leur langue ou bien je parle en anglais.
DM : Sont-ils sensibles à ce type d’accueil ?
FR : Je le pense, mais chacun bénéficie d’un accueil personnalisé. Pour les Japonais, par exemple, il faut respecter certains codes, voire certains rites. Très attachés au patrimoine et à l’histoire, ils aiment découvrir la ville, visiter le musée des Beaux-Arts et déguster notre gastronomie comme nos vins. Les Français, de leur côté, sont plus sensibles à l’attractivité d’une ville, à sa notoriété et à la qualité de vie, tant en termes de logements que de loisirs.
DM : Vendre Dijon et son agglomération aujourd’hui, avec les travaux du tramway, n’est-il pas un handicap ?
FR : Bien au contraire. Tous les candidats au développement ou à l’implantation me disent qu’ils aiment voir des grues, des pelleteuses et des tractopelles. C’est signe pour eux que la ville est en mouvement, qu’elle bouge et prépare l’avenir. Je précise, en outre, que le tramway reliera les principales zones d’activité au départ de la gare, et cela constitue un argument de poids.
DM : Comment résumeriez vous les points forts de la politique économique dijonnaise ?
FR : Elle repose sur le pragmatisme, la faculté de s’adapter aux besoins exprimés et l’hyperréactivité. Je souhaite également que l’on joue un rôle de facilitateur, notamment pour alléger certaines tâches administratives.

























