
IKÉA : Une nouvelle façon d'embaucher
Un seul critère : savoir lire et compter
Donner leur chance à des demandeurs d'emplois sur des bases pratiques...
L'emploi demeurant la première préoccupation des Dijonnais, nous avons suivi la procédure de recrutement du magasin Ikea qui ouvrira ses portes le 24 août prochain avec quelque 190 employés embauchés sur place, hors encadrement.
L'annonce de l'ouverture programmée d'un magasin de l'enseigne suédoise avait suscité parmi la population de grands espoirs en matière d'emploi. Fait suffisamment remarquable pour être souligné, la direction du nouvel établissement a mis un point d'honneur à répondre, autant qu'elle le pouvait, à ces attentes à la faveur d'une collaboration étroite avec les acteurs locaux du marché du travail dont l'antenne locale de l'anpe et les services concernés des communes de l'agglomération dijonnaise.
Comme toujours en pareil cas, le nombre de candidatures était, au départ, élevé, puisque au nombre d'environ 2 000. Un signe parmi d'autres des fortes tensions qui s'exercent sur le marché de l'emploi localement comme dans le reste du pays. À ce stade, l'entreprise et ses partenaires ont opéré une première sélection, retenant prés de trois candidats à l'embauche sur quatre.
Parmi les 1 400 personnes convoquées, sur la base d'un seul critère, « savoir lire et compter » – sans le moindre recours aux curriculum vitae – seule la moitié d'entre elles s'est finalement présenté aux « exercices d'habileté ». 85 % des femmes, mais 15 % seulement des hommes, invités à le faire y ont participé. ne confirmation de la forte motivation chez ces femmes que corrobore la féminisation croissante de ce segment d'emploi au niveau national.
Les candidats ayant réussi à franchir le « premier tronc commun » avaient alors le choix. Ils pouvaient en rester là et postuler à un emploi de « restauration, plonge ou logistique ». Ils pouvaient aussi tenter une deuxième série de « tests pratiques » pour des emplois de « service à la clientèle », faisant davantage appel à leur sens de l'initiative qu'à une expérience acquise dans une activité professionnelle comparable. 180 ont préféré la première option, 376 la seconde.
Résultat, avant recrutement définitif, il restait en moyenne deux candidats pour un poste à pourvoir. Une procédure assez inhabituelle – une première chez Ikea – qui consiste à donner leur chance à des demandeurs d'emplois sur des bases pratiques qui leur conviennent mieux que les traditionnels parcours de recrutement sur curriculum vitae et autres lettres de motivation. La plupart d'entre eux auraient probablement été recalé dès le départ si la procédure retenue n'avait pas été celle-là.

























