
La nature reprend ses droits en ville
Dijon est un carrefour climatique qui favorise la biodiversité en ville.
Les études que conduit notamment le Jardin des sciences le démontrent.
Dijon est un carrefour climatique qui favorise la biodiversité en ville. Les études que conduit notamment le Jardin des sciences le démontrent.
Pour la préserver, quelques précautions toutefois s’imposent.
Directeur du Jardin des sciences, qui fédère le muséum, le jardin botanique et le planétarium de Dijon, Gérard Ferrière invite à un voyage merveilleux. Celui qui plonge au coeur du vivant. Ce scientifique, avec son équipe, conduit des études révélant que la biodiversité se développe en ville. Et tout particulièrement à Dijon, véritable carrefour climatique. Nous sommes à la sixième crise de la vie qui affecte les milieux et les espèces. L’homme joue pour la première fois un rôle central, explique-t-il. À preuve, les dégâts causés aux forêts asiatiques et amazoniennes, comme les dangers irréversibles qu’encourt le bassin méditerranéen. Dans certaines zones urbanisées, comme Dijon, l’action de l’homme, qui n’emploie plus au sein des espaces publics de produits phytosanitaires, replante des végétaux et laisse les herbes folles pousser naturellement, favorise au contraire le retour de certaines espèces végétales et animales.
Nos collections, pour les plus anciennes du XIXe siècle, nous donnent le recul nécessaire pour mesurer l’évolution d’insectes, d’oiseaux, de végétaux, explique Gérard Ferrière. S’ensuit une longue liste qui fait plaisir à entendre. Côté insectes : 1 050 espèces de coléoptères. Côté mammifères, la fouine, le renard et l’écureuil prospèrent à Dijon.
PRIORITÉ AUX PLANTES INDIGÈNES.
Au lac Kir, l’amélioration de la qualité de l’eau fait revenir la poule d’eau, le foulque et des oiseaux migrateurs comme le canard morillon ou le rare eider, qui y prennent leurs quartiers. Le héron cendré niche dorénavant au port du Canal. Ce grand volatile se nourrit principalement de petits rongeurs, d’insectes, de batraciens… Une étude sur les insectes démontre la permanence de certains scarabées comme le pique-prune (espèce protégée), qui se reproduit dans les arbres morts du parc de la Colombière. À l’inverse, certaines espèces deviennent invasives. La coccinelle asiatique menace nos coccinelles indigènes. Le robinier (ou faux acacia), le buddleia (ou arbre à papillons) colonisent de plus en plus de milieux en ville. Que faire ? Évitons d’introduire des essences exotiques, conclut Gérard Ferrière. Et privilégions dans nos plantations les espèces européennes.

























